Un art de vivre à la française

Au Louvre, j’aime Un art de vivre à la française, de Louis XIV à Louis XVI. Ou la présentation d’un Louvre habité comme si vous aviez été un petit page ou une dame de cour au temps de Louis XV. Comme un supplément d’âme dans les salles peu meublées du musée.

Un art de vivre à la française, de Louis XIV à Louis XVISi votre dernière visite au Louvre s’échelonne entre 1852 et octobre 2014, la seule trace de mobilier que vous avez pu voir était les salons et salle à manger de Napoléon III. C’était, pour conserver des termes polis, …rouge, très rouge, très très rouge. De toutes les nuances de rouge, du magenta au carmin en passant par l’amarante, le grenat, la garance, le bordeaux et le bourgogne. Le tout rehaussé de cristal et de dorures à tout bout de champ. Entre la couleur tomate des tapis, le jaune doré des boiseries et le vermeil des tissus, ce n’étaient plus des appartements mais le drapeau espagnol. Madame Napoléon III avait dû mettre sa touche personnelle à la décoration.

Salon Napoléon IIISi je ne suis pas un amateur acharné du style pompier, il présente l’avantage sur quelques salles, d’offrir une idée de ce que pouvait être le palais habité. Car depuis que Louis XIV avait émigré dans les Yvelines avec sa cour, le Louvre avait un peu perdu de son statut de résidence parisienne des rois de France. Doublé en outre par le mitoyen Palais des Tuileries.Au Louvre, j'aime Un art de vivre à la françaiseNous avons trop tendance à oublier que le Louvre fut aussi une maison. Les salles n’ont pas toujours abrité des tableaux, sculptures, sarcophages. Visitez Chambord : vide, visitez Versailles : quasi vide. Le pays de l’école Boule incapable de restituer in situ la grandeur des ébénistes français.

Un art de vivre à la française, de Louis XIV à Louis XVI

Mais depuis octobre 2014 l’erreur est réparée, le Louvre présente une multitude de salles qui rendent hommage à l’art de vivre français. Fauteuils médaillons, boiseries décorées, cheminées travaillées, trumeaux, porcelaines peintes. Les pièces à vivre deviennent des œuvres d’art par la finesse des reconstitutions. Et entre deux pièces, des vitrines regorgeant de ce qui a fait la renommée de la France : la tables (et pléthores d’assiettes, de chocolatières, de services divers et variés) et ses artisans (Manufacture de Sèvres, cristal de Baccarat, etc).

Un art de vivre à la française, de Louis XIV à Louis XVIChaque pièce à son style, sa décoration, sa couleur, son ambiance. En enfilade, elles se visitent à la queue leu leu. Avec le risque de provoquer une lassitude, ou tout du moins un manque d’enthousiasme au bout de quelques-unes. L’intérêt principal est de se concentrer sur le mobilier, le mobilier dans l’immobilier. Puisque les œuvres sont remises en situation dans des pièces. Les tableaux, linteaux de cheminé, guéridons sont aussi l’occasion d’exposer quelques œuvres d’époque en biscuit, marbre ou bronze. Là un salon de musique cosy, ici une décoration façon tente turc. Chaque pièce semble avoir une taille unique proposant des aménagements propres.

Un art de vivre à la française, de Louis XIV à Louis XVIIl faut aussi parler de la luminosité des salles. De vrais rideaux, et non des stores en plastique, filtrent le soleil. Mais pas juste un rideau non, de beaux rideaux embrassés (avec des embrasses, pas des rideaux en train de se bécoter) qui donnent aux pièces une teinte laiteuse et douce. Le tout se visite sur un parquet ciré qui craque juste ce qu’il faut pour donner une pointe de vivant à l’ensemble.Au Louvre, j'aime Un art de vivre à la française

Un art de vivre à la française, de Louis XIV à Louis XVIMa salle préférée est une pièce dont toutes les faces sont remplies de vitrines. Mais pas de la vitrine de musée classique, non de la vitrine en bois avec un éclairage doux. La pièce regorge d’instruments scientifiques du XVIIIème siècle. Tout n’est que bois et laiton pour exprimer la précision mathématique. Je n’y comprends rien mais je trouve l’ensemble joli.

Un art de vivre à la française, de Louis XIV à Louis XVIUn art de vivre à la française, de Louis XIV à Louis XVIUn art de vivre à la française, de Louis XIV à Louis XVIJe vous conseille aussi dans une vitrine une malle de pique-nique, celle de Marie-Antoinette. Il m’arrive de pique-niquer mais j’avoue une presque jalousie de ne pas avoir cet attirail de verre, argent et corne, le tout dans un coffre en bois. Cela donne à mon papier d’alu un goût encore pire.

Un art de vivre à la française, de Louis XIV à Louis XVIMais ce que j’ai découvert dans cette partie du musée c’est une astuce pour masquer sous ces plafonds immenses, le surplus de fils électriques qui dépassent des lustres. Comment le Louvre allait jongler avec cet anachronisme ? En enroulant le câble sur les maillons d’une chaine ? Déjà vu. Le Louvre a choisi de recouvrir la chaîne suspensoire des lustres et les câbles dans une gangue de tissu froissé, rajoutant une note de couleur à l’ensemble. A ceux qui trouvent cela bien idiot je vous invite à regarder ce que les touristes prennent en photo dans ces salles… Et si vous ne me croyez pas, venez voir.

Un art de vivre à la française, de Louis XIV à Louis XVI

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