Coffret

Au Louvre, j’aime un Coffret d’Inde du nord-ouest, donc Rajasthan ou Penjab, de 1550-1700. Et autant vous prévenir, aujourd’hui, je n’en ferai pas des tonnes.

Coffre, Inde du nord-ouest, vers 1650-1700Par contre j’entends déjà les raseurs se plaindre « Oh l’Inde, c’est son dada, il va nous débiter les divinités, leurs véhicules, leurs avatars. On n’est pas sortie de l’auberge alors que franchement il reste encore le cadeau de la belle-mère à faire pour Noël. »

Coffre, Inde du nord-ouest, vers 1650-1700Pour bien débuter sur l’Inde laissez-moi vous résumer le Mahâbhârata… non je rigole. Alors je garde pour moi les dieux auxquels vous ne comprendrez jamais rien, les récits indiens plus vieux que les plus vieilles pages de votre Bible, la beauté du moindre temple qui vaut toutes vos cathédrales gothiques. Laissez-moi juste vous faire une confidence, certains articles ne sont pas écrits le jour de leur parution. Celui-ci par exemple correspondant à la date anniversaire de mon voyage en Inde. Une façon de me souvenir de ce beau moment.

Coffre, Inde du nord-ouest, vers 1650-1700Alors oui j’aime ce coffret ; non, je ne tenterai pas de vous vanter la finesse de l’ivoire travaillé et incrusté dans l’ébène. J’ai réussi, avec un certain talent à le faire pour le retable de l’atelier des Embriachi. Mais comme à chaque fois que cela touche à l’Inde, les mots, les souvenirs, les parfums, les couleurs, les visages, les odeurs, la foule, le bruit, le silence, le Gange, les jets de bétel, les dessins et les représentations des dieux, les trains, les villes, les briqueteries sur le bord de la route, les dromadaires et les ânes, les enfants qui traversent l’autoroute, l’autoroute sur laquelle on roule moins vite que les chemins cabossés, les temples perdus, les sculptures d’apsaras langoureuses, les saris et les mouvements qu’elles leurs donnent en le nouant, la poussière, le temps sans prise, les chiens pouilleux et les singes voleurs, tout arrive en masse et semble s’étouffer dans ma gorge ou sous ma plume pour ne cracher qu’un « ben c’est joli ! » Ce coffret ne fera, malheureusement, pas exception à cette règle-là.

Coffre, Inde du nord-ouest, vers 1650-1700L’Inde est entrée au Louvre par le biais des arts de l’Islam et de l’empire Moghol. Quelques armes, des vases, un dessous-de-plat en piera dura (comme les incrustations du Taj Mahal) et cette boîte. Au regard de la richesse et de la variété des arts indiens le ratio est bien faible.

Alors certes, je n’aime pas la boîte pour la boîte, j’aime la boîte pour le voyage, les souvenirs, les rêves de lointain, les sensations et l’invitation à l’ailleurs. J’aime cette boîte pour ce bout de moi-même que j’ai enfermé en Inde dans le seul but de retourner le chercher un jour.  J’aime la boîte pour le travail réalisé qui est vraiment bluffant. J’aime la boîte pour la somme de tout cela qu’elle ne représente que pour moi, j’en suis bien conscient. J’aime cette boîte parce que je sais leurs outils et ce qu’un tel objet représente. J’aime la boîte, parce que ! Piètre argument mais je n’arrive pas à dire pourquoi. Pour une fois que je la fais courte… Et si vous ne me croyez pas, venez voir.

Coffre, Inde du nord-ouest, vers 1650-1700


Coffre, Inde du nord-ouest, vers 1650-1700

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