L’Hiver

J’aime l’hiver, pas l’hiver des gros manteaux, du froid et des nez rouges, non nous sommes dans un musée, L’hiver de Pierre Legros. Mais certainement pas celui de Jean Raon et de son fils Jean-Melchior. Faut pas déconner.

L'Hiver de Pierre Legros

L’Hiver de Pierre Legros

Reprenons, pour je ne sais quelle raison, vous rêver de voir la sculpture de Milon de Crotone, certainement une lubie suite à une lecture sur internet. Donc vous voici dans la cour Puget. Milon est en face de vous, pour gagner la statue du dessoucheur grec vous prenez l’escalier sur la gauche.

Vertumne et Pomone de François Barois, l'Eté de Guillaume Couston et l'Hiver de Jean Raon

Vertumne et Pomone de François Barois, l’Eté de Guillaume Couston et l’Hiver de Jean Raon

Vous déboulez sur quatre sculptures qui représentent les quatre saisons (Hivers, Automne, Été, Printemps ; je reprécise au cas où vous auriez oublié). Ces quatre sculptures sont constituées d’un pied pyramidal inversé et du buste de deux femmes et deux hommes qui symbolisent les dites saisons.

L'Hiver de Pierre Legros

L’Hiver de Pierre Legros

Si vous préférez tourner le dos au quatuor de Pierre Legros ou aurez face à vous quatre sculptures qui au premier coup d’œil ressemblent à un groupe homogène. Béotiens ! Si la première est L’hiver de Jean et Jean-Melchior Raon, la deuxième L’été est de Guillaume Coustou et les deux dernières Pomone et Vertumne sont de François Barois. Non, vraiment vous me décevez, pourtant cela saute aux yeux. Au moins le groupe de gauche présente l’avantage d’être plus uniforme car constitué uniquement des œuvres de Pierre Legros. Dans les deux cas, deux femmes et deux hommes qui chantent, à leur façon, le temps qui passe.

Les quatre saisons de Pierre Legros

Les quatre saisons de Pierre Legros

Face à face le Louvre expose donc deux versions de la même saison. Globalement, à part l’Hiver aucune ne mérite vraiment de se relever la nuit (d’ailleurs même si L’Hiver de Pierre Legros pourrait mériter de se relever la nuit cela ne représente aucun intérêt puisque le musée est fermé la nuit). Là, elles constituent deux ensembles mais ne sont pas d’un intérêt à couper le souffle. Historiquement il s’agissait surtout de garnir le parc du château de Versailles. Ne pas oublier qu’il s’agit de la fonction première des œuvres exposées dans les cours Puget et Marly.

L'Hiver de Pierre Legros

L’Hiver de Pierre Legros

Alors pourquoi vous faire perdre votre précieux temps avec des œuvres aussi mineures. Pierre Legros avec L’Hiver  saisit à merveille toute la froidure de la saison. Emmitouflé dans un long manteau doublé, il se protège des frimas hivernaux. Son pendant façon Raon se réchauffe les doigts sur un brasero. Genre Je suis l’hiver il fait -10°, j’ai froid aux doigts mais mon brasero portatif chauffe tellement bien que je peux me mettre torse nu. L’Hiver de Legros est dans l’humilité quand L’Hiver de Raon est dans la fanfaronnerie.

Vetumne et Pomone de François Barois

Vetumne et Pomone de François Barois

Et puis la sculpture de Legros a beaucoup mieux résisté à l’érosion du temps et aux ruissellements de la pluie qui ont rongé, poli les détails sur celle de Raon.

L'Hiver de Jean Raon

L’Hiver de Jean Raon

Contrairement aux autres saisons son aspect frileux le différencie clairement des trois autres qui semblent un peu identique. Il tranche par sa position repliée sur lui-même comme pour conserver un peu de sa propre chaleur dans la froidure du parc de Versailles. Là où tout n’est que peau lisse et glabre il dénote par sa barbe fournie, sa chevelure qui s’échappe de son capuchon et la fourrure de son manteau.

L'Hiver de Pierre Legros

L’Hiver de Pierre Legros

Cette bouille un peu renfermée, ce chaud manteau, cette barbe touffue, je me suis longtemps interrogé sur la raison qui me poussait à préférer cette sculpture de saison aux autres. La raison personnelle de cette affinité tient aux mains.

L'Hiver de Pierre Legros

L’Hiver de Pierre Legros

C’est dur à dessiner des mains, alors à sculpter… Quand il faut faire ressortir toute la puissance ou la finesse, la force ou la délicatesse. Il faut éviter qu’elles ne semblent gonflées ou trop frêles. Ici les mains tiennent les pans du manteau, il faut donc montrer aussi les tendons qui se crispent, la peau tendue qui laisse voir les phalanges. Rien de mieux que des mains pour expliquer le froid qui pique.

L'Hiver de Pierre Legros

L’Hiver de Pierre Legros

L'Hiver de Pierre Legros

L’Hiver de Pierre Legros

Moïse d'après Michelangelo Buonarroti dit Michel-Ange

Moïse d’après Michelangelo Buonarroti dit Michel-Ange

Bref, une belle paire de mains m’émeut toujours. Je tiens cette habitude d’une visite romaine où le Moïse de Michel-Ange m’avait fasciné par la puissance que sa main dégageait. Alors quand je croise une main bien sculptée, c’est ma madeleine à moi, ou mon cantuccini comme on dit du côté transalpin. Et si vous ne me croyez pas, venez voir.


Sur le thème de l’hiver au Musée du Louvre :

L'Hiver de Nicolas Fouquay

L’Hiver de Nicolas Fouquay

Allégorie de l'Hiver (et de l'Amour) d'Abraham Bloemaert

Allégorie de l’Hiver (et de l’Amour) d’Abraham Bloemaert

L'Hiver de Pierre Legros

L’Hiver de Pierre Legros

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