Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804

Au Louvre, j’aime le Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David. Les lecteurs fidèles de ce blog s’étrangleront à la lecture de cet aveu. En fait je l’aime pour deux raisons dont chacune est encore plus lamentable que l’autre.

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

La première des raisons c’est que l’écriture de son titre : Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David me prend un tel nombre de caractères sur le total de mon billet que cela me permet de le terminer plus vite en ayant moins à écrire. D’ailleurs, dans le doute, je vais vous redonner le titre Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David. Une troisième fois ? Non n’abusons pas des bonnes choses.Au Louvre, j'aime l'inventaireLa seconde des raisons est encore plus basse que la première : Les visiteurs du Louvre se limitent aux Big Five O (Joco, Samo, Milo, Apo et Napo), il n’y a pas de raison que les recherches faites sur internet à propos du musée du Louvre ne concernent pas les mêmes sujets. C’est donc voici une façon extrêmement veule de générer fallacieusement du trafic sur ce blog. Parce que chanter les louanges de Chardin ou de Géricault, tout le monde s’en fiche, alors que Jacques-Louis David… Mais ce tableau (Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David, je redonne juste le titre pour les retardataires) concentre tout ce que je n’aime pas au Louvre, en peinture et chez Jacques-Louis David.

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

D’abord sa position au Louvre, entre la Victoire de Samothrace et la Joconde, en fait un lieu où la foule se masse (sauf bien entendu à la minute où j’ai pris mon cliché, rien que pour faire croire que je n’écris que des bêtises) au détriment de bien d’autres salles et autres départements. Pourquoi ce tableau ne file-t-il jamais faire une pause dans les réserves ? Pourquoi aucun musée ne nous l’emprunte pour une grande exposition « Mon ego, mon amour et mon zizi » ? On pourrait alors ressortir La jeune fille lisant une lettre de Jean Raoux. Voir, à la limite je suis même prêt à supporter un autre tableau de Jacques-Louis David à la place. Mais je n’en peux plus du couillon en robe de chambre et de sa gourdasse en train de s’entrainer à plonger.

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Et si jamais il était impossible de le mettre à la cave, alors le placer ailleurs dans le musée pour permettre une meilleure circulation des visiteurs. Cela aurait pour effet de prolonger leur visite et donc admirer et découvrir qu’autres œuvres. Mais j’ai peur que le Louvre ait vendu son âme à des autocaristes pressés de boucler la visite au plus vite pour ensuite aller fourguer des sacs à main à des touristes avides de Made in Paris. En plus il faudrait revoir la signalétique des salles

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

La peinture en elle-même n’est pas extraordinaire. Il s’agit d’un militaire qui s’auto-sacre Empereur. Quand c’est Bokassa on crie au scandale, quand c’est Napoléon on crie au génie. Racistes ! On me dit aussi « Oui mais il faut regarder cela comme une photo de famille ! » D’abord je m’en fous, ce n’est pas ma famille et puis sur ce type de photo je m’arrange toujours pour être celui qui tient l’appareil.

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Alors oui, la toile est grande (presque dix mètres sur six) mais vous le savez bien mesdames, la taille ne fait rien à l’affaire. En plus, même en biais, cela ne rentre pas chez vous. Un temps exposé à Versailles, ce n’est qu’en 1889 que le tableau arrive au Louvre. Naboléon était prêt à payer 100 000 francs pour ce montage grossier cependant les caisses de l’État sont sauves puisque David ne toucha que 65 000 francs. Alors avant de dégommer un à un les deux cent couillons en tenue du dimanche (car le 02 décembre 1804 était un dimanche) petit rappel sur le lieu.

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Un roi de France est sacré à Reims ou ce n’est pas un roi de France (Règle n°2 extrait de Le Roi de France pour les Nuls). Donc Naboléon qui a déjà bien pris le melon et qui se croit supérieur à un simple roi opte pour Notre-Dame de Paris, c’est central, il y a des hôtels autour pour loger tout le monde, cela part plutôt d’une bonne intention. Sauf que le Notre-Dame de l’époque ce n’est pas du tout celui que vous connaissez ou que représente David. Pour mémoire, c’est Victor Hugo avec son roman Notre-Dame de Paris qui permit de faire prendre conscience de l’état de décrépitude avancée de la cathédrale. Donc le sacre de Nabo ce n’est pas ce faste grandiloquent, c’est avant tout un cache-misère. Rideaux, tentures, bouts de carton peints en faux marbre tout est là pour donner l’illusion, c’est de la communication, de la propagande. Et pour la masse, histoire d’aider David à remplir son tableau on a rameuté tout ce qui traînait sur le parvis de Notre-Dame. Quand la cour du roi Pétaud rencontre le marigot impérial.

Je rigolais ! Je ne vais pas vous énumérer les deux cent personnes qui se poussent du col pour bien être dans le cadre. Je vous en donne une petite trentaine pour que vous puissiez briller lors de votre prochaine visite au Louvre. Les numéros sur le tableau sont repris dans la liste ci-dessous. En fait on s’en fiche de savoir qui est où, mais je me suis dit qu’en plus des amateurs d’art, les moteurs de recherche allaient référencer tous les maréchaux cités plus bas : A moi les élèves de monsieur Jean Tulard qui googlisent les militaires de l’Empire.

 Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

  1. Naboléon. Oui c’est une de mes différences avec Victor Hugo, je considère que le troisième Napoléon était bien mieux que le premier. Mais cela m’avait déjà fait le coup avec la série des Rocky. Dans mes différences avec Totor je rajouterai que je ne fais pas tourner les tables, mais je pense que vous vous en fichez.
  2. Joséphine de Beauharnais ou madame Bonaparte pour les incultes. C’est pour elle et sa famille que Napoléon remettra l’esclavage à la mode dans les colonies. Big up Toussaint Louverture !
  3. C’est 3 mais j’ai merdé dans ma numérotation alors sur le tableau c’est 2, il s’agit du pape, un de ceux dont les enfants et les idiots comme moi retiennent sans difficulté le nom : Pie VII. Je crois qu’il n’a pas trop aimé le repas qui a suivi et qu’en guise de vengeance il aurait excommunié Naboléon, mais c’est à confirmer. En plus il a l’air de se faire chier. C’est bien la peine de faire des frais en venant de Rome si c’est pour faire la tête. Autant rester chez lui.
  4. Charles-François Lebrun, archi-trésorier de l’Empire mais il est mieux de trois-quart dos que de face. Cette phrase est tiré d’une perfidie de David sur sa personne.
  5. Jean-Jacques-Régis Cambacérès, avec sa main de justice sur la perche à selfie. Lui c’est son derrière qui était plus beau que son devant. Je ne colporte aucune rumeur, je ne fais que citer Naboléon et si je ne mets pas de guillemets c’est que j’ai arrangé son texte qui était un peu mou.
  6. Louis-Alexandre Berthier qui tient le globe. Alors lui est mort en chutant du troisième étage à Bamberg. C’est très joli Bamberg, cela a peu de rapport avec le sacre, je vous l’accorde, mais c’est joli.
  7. Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, que Naboléon qualifiera de « Merde dans un bas de soie. » Est-ce ainsi que l’on traite ses invités ?
  8. Eugène Beauharnais, le fils de Joséphine, il portait une chouette épée.
  9. Gaëtan, le fameux, l’enfant de chœur de la basilique de Reims qui utilisait le sceptre de Charles V avant les sacres pour s’en faire une épée et qui jouerait bien avec celle d’Eugène (Je parle de jouer avec son épée, associé à un enfant de chœur, cela pourrait prêter à confusion).
  10. Le cardinal Fesh, qui n’est là que parce qu’il était le tonton de l’usurpateur.
  11. Halet Efendi, ambassadeur ottoman. Alors là David est balaise, comme il ne sait pas trop bien comment le représenter, il lui colle les traits de son prédécesseur Morali Seyyed Ali Effendi. Escroc !
  12. Bon ensuite on a un groupe de gars très importants qui, en plus, ont fait l’effort de bien s’habiller, alors par politesse on va les citer : l’amiral Charles Gravina (Ambassadeur de la reine d’Étrurie), le général Armstrong (Ambassadeur des États-Unis, trompettiste, astronaute et cycliste à ses heures perdues), M. Ferdinando Marescalchi (Ministre des Relations extérieures d’Italie) et le Comte Jean-Philippe Cobenzl (Ambassadeur d’Autriche).
  13. Joseph Bonaparte, le poivrot de la famille, que ses sujets espagnols surnommeront plus tard « Pepe Botella » (Jojo la bouteille) et qui sera dans l’incapacité de faire face aux guerillas ibériques.
  14. Louis Bonaparte, bon rien de marrant sur lui sauf qu’il épousera la fille de la femme de son frère. Je vous laisse réfléchir : Hortense de Beauharnais.
  15. Bonne nouvelle, nous en sommes à la moitié. Caroline Murat.
  16. Pauline Bonaparte.
  17. Elisa Bacciochi.
  18. Hortense de Beauharnais. Là on va vite parce qu’il s’agit de gonzesses, on s’en fiche un peu.
  19. Julie Clary, femme de Joseph la bouteille Bonaparte. Sa sœur (Désirée) était promise à Bonaparte mais finira avec Bernadotte, les deux hommes ont donc servi dans le même corps et ce n’était pas que la Grande Armée. Du numéro 13 au numéro 19, ils ont tous l’air un peu idiot mais c’est la vengeance impériale car aucun ne voulait s’abaisser à tenir la traîne de Joséphine. Vous voyez, il n’y a pas que moi qui aies une dent contre Naboléon mais je ne lui doit aucun titre, aucune médaille.
  20. Ben tient quand je parlais des péquenots avides de breloques à accrocher au revers de la veste, là vous en avez un bel exemple.
  21. C’est le seul bambin du tableau, mis à part Gaëtan qui est officiant. Napoléon-Charles Bonaparte, fils de Louis (14) et Hortense (18). Le seul truc marrant et il ne le sait pas encore mais dans trois ans, il sera mort.
  22. Madame de la Rochefoucauld, première dame d’honneur de Joséphine.
  23. Madame de la Valette, toutes deux préposées à la petite laine de Joséphine.
  24. Débute le quatuor des têtes de cul à chapeau rigolo, avec Jean de Dieu Soult.
  25. Bon-Adrien Jannot de Moncey. Pour une fois qu’il ne glisse pas son chapeau en biais.
  26. Jean-Mathieu-Philibert Sérurier.
  27. Joachim Murat en mode le chapeau de travers-lascar qui portait le coussinet avec la couronne. Mais maintenant que la couronne est partie il a l’air un peu con.
  28. Maria Letizia Ramolino, qui n’était pas présente, elle boudait à Rome car Naboléon était fâché avec son frère Lucien. Mais même pour 65 000 francs, David est prêt à toutes les bassesses.
  29. Ni vu, ni connu et qui je glisse en cachette dans le tableau ? Ma gueule ! Voici Jacques-Louis David en personne et flou (au moins sur ma photo).
  30. Un autre paquet de péquenots, mais comme on a les noms je vais vous les donner, vous avez peut-être de la famille dans le tas. Donc en vrac : Le cardinal BelloyMichel NeyFrançois-Étienne-Christophe KellermannAndré MassénaAndoche JunotFrançois-Joseph LefebvreLouis Viesse de MarmontJean LannesCatherine-Dominique de PérignonGéraud Christophe Michel Duroc et Louis Nicolas Davout. Cela vous aura au moins  permis de découvrir Andoche comme prénom pour un garçon. Certains regretteront que dans ma liste des Maréchaux je ne m’attarde pas plus longtemps sur un point circulation, mais j’ai un Pass Navigo.

Et de s’interroger sur la place de Bernadotte dans le tableau. Il est présent, mais j’aime l’idée de vous laisser chercher un peu. Bon après tout, le monde n’a pas forcément la même fascination que moi pour Bernadotte.

Là où Jacques-Louis David est une petite salope (c’est dur mais je n’ai pas d’autres mots) c’est quand il s’agit de ridiculiser les ennemis de l’Empereur. Tout le monde sait que Talleyrand avez un pied-bot (on le surnommait Le diable boiteux). Pensez-vous que David aurait adoucit son trait, masqué/réduit/caché ? Tout homme a un prix, celui de David est donc de 65 000 francs alors il cède aux demandes de l’empereur.

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Et d’ailleurs dans le cadre des traits épais, David ne mégote pas avec sa signature qui doit faire soixante-quinze bons centimètres de long. Ma gueule sur le tableau, et ma signature en super gros. Ego, ego…

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Enfin la seule vraie question que tout le monde se pose : l’ambiance était comment à l’after après le sacre ? Ma réponse : Pourrie ! Vous avez déjà vu deux collègues remarquer qu’ils ont la même cravate. Vous avez déjà vu deux femmes portant la même robe à une réception ? Alors regardez les tenues et imaginez l’atmosphère qui a régné quand est venu le temps des petits fours :

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David

Et les Régalia de Naboléon ? La seule fausse question importante. Quand le Corse a voulu aller vérifier si l’air était plus pur à Sainte-Hélène, on a récupéré dans la cathédrale de Notre-Dame les insignes impériaux. On a mis de côté les « … de Charlemagne », qui serviront ensuite à Charles X et les  « … de Bonaparte » ont été fondues. Et si vous ne me croyez pas, venez voir.

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