The Big Five O

Au Louvre, j’aime ma théorie des Bif Five O. C’est MA théorie, mon idée, mon truc que j’ai remarqué, développé après analyses des flux touristiques, en échangeant avec des guides, en observant les visiteurs, leurs questions. Si mon hypothèse s’applique au Musée du Louvre sous le nom de Big Five O, elle peut s’étendre à tous les musées car la Big Five O Theory est le pendant obligatoire de la mondialisation des visiteurs dans les musées. C’est la trace que je laisserai dans l’Histoire de l’Art. On gravera sur ma pierre tombale « Ci-gît Machin, découvreur et vulgarisateur de la Théorie des Big Five O. »Au Louvre, j'aime l'inventaireCertains resteront dans l’histoire pour avoir formulé qu’E=MC², je taille ma postérité sur la règle des Big Five O au Musée du Louvre. Si la compréhension d’une théorie en fait sa force, permettez-moi de vous redonner une explication de la relativité : « Les équations de Maxwell, tout comme les résultats expérimentaux, indiquaient que la lumière se propage, dans tout référentiel, toujours à la même vitesse c ; or cette circonstance est en contradiction avec la mécanique rationnelle galiléenne, puisqu’elle viole de manière flagrante l’une des lois essentielles de cette mécanique, la loi de composition des vitesses qui interdit à toute vitesse d’être un invariant. (…) Einstein prend acte de l’invariance de la vitesse de la lumière dans le vide qu’il interprète désormais comme la constante universelle traduisant l’impossibilité d’interaction instantanée à distance et il réadapte l’ensemble de la mécanique rationnelle à la prise en compte de cette contrainte (…) Einstein fait valoir en effet que si l’on tient compte du temps que met la lumière à se propager, il est impossible de décider de manière absolue de la simultanéité de deux événements spatialement séparés, alors que la simultanéité était une notion absolue en mécanique rationnelle galiléenne et newtonienne. (…) Le temps lui-même perd le caractère absolu qu’il avait dans l’ancienne mécanique rationnelle. (…) Einstein a pu quelques années plus tard élaborer une nouvelle théorie de la gravitation universelle, la relativité générale, selon laquelle le champ gravitationnel est relié aux propriétés géométriques de l’espace-temps. » Et encore, ce n’est pas l’explication formulée par Einstein lui-même mais une explication de Gilles Cohen-Tannoudji.

Maintenant que j’ai perdu tout le monde à part deux scientifiques, revenons à ma théorie des Big Five O, nous verrons alors si mon explication est plus compréhensible ou s’il faut tirer la langue sur les photos pour être pris au sérieux. D’abord les Big Five sont une allusion aux cinq animaux majeurs de la savane est-africaine (Lion, Éléphant, Buffle, Léopard et Rhinocéros). Cinq animaux majestueux, puissants qui font la fierté de ces régions. Mais avec le temps les Big Five sont devenus une marque de fabrique, un intitulé de voyage, un logo sur un T-Shirt, une liste obligatoire pour valider un bon safari. Honte à celui qui reviendrait du Riff sans avoir croisé les cinq ! Vous pouvez avoir vu mille singes, gazelles, crocodiles, ours (ce qui serait encore plus original dans la savane), gare à celui qui reviendra sans avoir vu les Big Five. Et pas un ou deux, il faut le quintet au grand complet, sinon cela ne compte pas.Au Louvre, j'aime Le Big Five OMais le visiteur malchanceux pourra toujours se cacher derrière une période de reproduction ou de ponte peu propice à la visitation. Il pourra toujours mettre en avant des animaux craintifs, difficiles à apercevoir. La honte cédera alors la place à la compassion. Le Big Five traduit à merveille cette mondialisation du tourisme. Tout le monde veut et peut aller partout, mais tout le monde veut et doit voir la même chose que tous les autres.Au Louvre, j'aime Le Big Five OAu Louvre il existe un Big Five (que j’ai décidé de façon unilatérale avec moi-même), un circuit obligatoire sans lequel on ne peut valider une vraie visite du Musée du Louvre. Et comme la période de reproduction est rare au Louvre, aucune excuse n’est permise si vous preniez le risque de passer à côté de ces œuvres qui sont : La Vénus de Milo, la Galerie d’Apollon, la Victoire de Samothrace, La Joconde, Le sacre de Napoléon. Pour simplifier : Milo, Apo, Samo, Joco et Napo qui permettent de retenir un O commun et de rassembler mes cinq œuvres majeurs sous le nom de Big Five O.La Vénus de MiloLa galerie d'ApollonLa Victoire de SamothraceLa Joconde de Léonard de VinciSacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques Louis DavidCes œuvres sont-elles belles ? C’est ici un critère totalement subjectif. Je peux m’extasier devant Chardin ou Géricault quand cela vous laissera de marbre. Alors ces cinq œuvres ne sont pas plus belles ou plus moches que les milliers d’autres exposées. Elles sont devenues des symboles, voir LES symboles du Louvre. Des œuvres que le visiteur veut voir, car il les a vues dans les guides. Alors il les prend en photos, montre et partage ses photos, donne encore plus envie à ses amis de venir voir ces œuvres-là. Ces œuvres s’enlisent alors malgré elles dans un cercle vicieux : « Je l’ai vue sur le fil d’actualités de machin, alors quand je vais à Paris, je veux la voir. Parce que si tous les gens cools vont la voir au Musée Louvre, j’aurai l’air pas cool si je ne la prends pas en photo. »Au Louvre, j'aime Le Big Five OAttention, je ne souhaite pas blâmer que le touriste, le musée est aussi fortement responsable. Il s’inscrit dans ce cercle vicieux, il l’observe puis il en joue. Si les visiteurs se concentrent sur des œuvres c’est que ces dernières présentent un intérêt pour le musée, alors ce dernier utilise ces œuvres-là. Et le Musée du Louvre va communiquer sur ces œuvres, parce que c’est ce que l’on attend de lui. Parce que c’est aussi ce qui rapporte et que le Musée du Louvre a besoin d’argent. La pauvreté des budgets alloués à la Culture font que le Musée du Louvre est devenu une marque. Et nous parlons ici du premier musée de France, imaginez le sort du pauvre musée des Beaux-Arts d’une sous-préfecture de province…Au Louvre, j'aime Le Big Five OAu Louvre, j'aime Le Big Five OLe Musée du Louvre, la National Gallery, Le Rijksmueum, tous les musées jouent ce même jeu. On n’a jamais mis autant d’outils à disposition du visiteur pour être autonome (plans dans toutes les langues, 3DS interactive, site internet, applications, etc) et l’on constate de plus en plus un effet moutonnier dans les habitudes du visiteur. Le Louvre doit se battre pour maintenir l’attrait des touristes.Au Louvre, j'aime l'inventaire

Les visiteurs solitaires vous les retrouvez dans les autres salles du musée, mais le gros des touristes en masse, chaperonnés par un guide, suivant l’ombrelle bariolée de leur berger, ils vont là où on leur dit d’aller. Et pour ça le Big Five O c’est génial, sur quelques mètres carrés et deux niveaux vous avez la totalité des œuvres rassemblés. Le Musée du Louvre peut bien proposer 35 œuvres incontournables, sur son site internet, ces cinq-là présentent l’avantage d’être vues rapidement car géographiquement proches. Au passage, je vous laisse imaginer les réunions des conservateurs qui doivent déterminer l’incontournabilité d’une œuvre…Au Louvre, j'aime Le Big Five OAinsi avec les Big Five O, le visiteur est heureux d’avoir tout vu, ou plus exactement d’avoir vu tout ce que le vulgum pecus attend d’une visite au Musée du Louvre et si vous lui faites remarquer que sa visite a été réduite aux acquêts, il pourra toujours prononcer sentencieusement cette phrase : « De toute façon le Louvre est si grand que l’on ne peut pas tout voir en une seule fois, on reviendra. » Je suis rassuré à l’idée de savoir que ce monsieur repayera un Pékin-Paris-Pékin pour venir admirer les maîtres flamands. Je suis content pour cette dame qui fera de nouveau Los Angeles-Paris-Los Angeles pour voir les sculptures de la Cour Puget, mais permettez-moi de douter. Quand j’interroge les curieux sur leur dernière visite au Louvre, elle correspond généralement à une obligation culturelle et scolaire à l’époque du CE2…Au Louvre, j'aime Le Big Five O

Je trouve que là réside le vrai problème du Musée du Louvre, malgré les nouvelles technologies, les nouveaux médias, ne pas réussir à faire venir, revenir les français, les parisiens. Se reposer sur les Big Five O faire fructifier cette manne touristique mais ne plus éveiller la flamme chez les locaux pour leurs joyaux. Si le Musée du Louvre ne souhaite pas s’abaisser au peuple, qu’il fasse l’effort de l’élever à lui. Quand le Musée du Louvre communiquait sur autre chose que son Big Five O il savait susciter l’originalité et l’envie de découverte.

Après si je veux être d’une totale bonne foi, il faut reconnaître que ce spot à touristes des Big Five O est idéal. Car si les touristes sont concentrés dans ce lieu, cela offre un calme très agréable dans le reste du musée. Vous comprenez aussi pourquoi si peu de billets sur ce blog traitent d’œuvres dans une proximité trop évidente de ce bouillon de visiteurs. Il est presque impossible de s’arrêter pour les admirer sous peine d’être emporté par la marée humaine.Au Louvre, j'aime Le Big Five OMaintenant, je vais proposer aux touristes désireux de voir les Big Five O un circuit, simple et en images, une sorte de Google Street Museum. Tout le monde n’a pas la chance de voyager. On peut rêver de voir les statues grecques, les peintures italiennes ou françaises sans avoir le sou. Alors pour toi, visiteur des musées sur le web, voici le Big Five O Tour.

Après l’achat du billet, prendre sous la pyramide la direction de l’aile Sully, puis grimper l’escalier sur la droite :Au Louvre, j'aime Le Big Five OPrendre à droite au rez-de-chaussée et traverser la salle des Caryatides, c’est joli, c’est français et vous pourrez croiser une dame avec un zizi d’homme, cela permet des selfies très drôles :Au Louvre, j'aime Le Big Five OAu fond de la salle sur la droite, une petite ouverture et vous débouchez sur le premier des Big Five O : Aphrodite, dite Vénus de Milo (c’est son nom complet au musée).Au Louvre, j'aime Le Big Five ODans le couloir qui est sur la droite de la statue se trouve un ascenseur que vous devez emprunter, direction le premier étage :Au Louvre, j'aime Le Big Five OAu sortir de l’ascenseur prendre à gauche :Au Louvre, j'aime Le Big Five OContinuer le long du couloir, des fois c’est en travaux, des fois c’est la collection de Carlos Beistegui, ne perdez pas de temps. Vous débouchez alors sur une rotonde :Au Louvre, j'aime Le Big Five OPrenez le temps d’aller sur votre gauche pour découvrir le deuxième des Big Five O : La galerie d’Apollon. Un billet (disponible ici) vous en détaillera son histoire, sa raison, son intérêt :Au Louvre, j'aime Le Big Five O

En sortant de la galerie, prendre sur votre gauche. Vous arrivez alors sur un palier au sommet de l’escalier Daru. En tournant la tête à gauche, vous découvrez notre troisième Big Five O : La Victoire de Samothrace.Au Louvre, j'aime Le Big Five OVous passez devant la Victoire et vous vous engouffrez dans le couloir devant vous. Vous allez débarquer dans un salon presque carré que l’on appelle Le salon carré aménagé par Le Vau et qui vous permet d’entrer dans la Grande Galerie :Au Louvre, j'aime Le Big Five OSi vous êtes curieux vous pourrez apercevoir d’autres tableaux de Léonard de Vinci, dans la Grande Galerie :Au Louvre, j'aime Le Big Five ODans le premier tiers de la Grande Galerie tourner à droite ou suivez la foule si vous avez un doute. Vous arrivez face à notre quatrième Big Five OLa Joconde.Au Louvre, j'aime Le Big Five OContourner le mur sur lequel La Joconde est exposée et sortez de la salle numéro 6. Vous vous trouvez dans le salon Denon, faites comme tous les touristes, photographiez le plafond, cela vous permettra de…, je ne sais trop :Au Louvre, j'aime Le Big Five OEt vous prenez tout de suite à droite. La salle Daru vous permet alors de visualiser deux Big Five O en enfilade pour le prix d’un : Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804 de Jacques-Louis David, accroché sur la gauche et La Victoire de Samothrace au fond :Au Louvre, j'aime Le Big Five O

Pause devant Le sacre…, derniers des Big Five O.Au Louvre, j'aime Le Big Five OA présent il s’agit de sortir au plus vite du musée, vous devez encore, dans la journée, visiter le Musée d’Orsay, la Tour Eiffel, le château de Versailles et le Mont Saint-Michel. Vous continuez alors en direction de La Victoire :Au Louvre, j'aime Le Big Five OVous redescendez et traversez la salle de la Galerie Daru :Au Louvre, j'aime Le Big Five OSur votre gauche vous apercevrez la salle du Manège :Au Louvre, j'aime Le Big Five OTout de suite sur votre gauche, l’escalier vers la sortie :Au Louvre, j'aime Le Big Five Oqui vous permet de rejoindre l’entrée sous la pyramide :Au Louvre, j'aime Le Big Five OPour information et sans pause-selfie, j’ai bouclé le parcours en 12 minutes, sans courir. A la fin de votre visite, pensez à demander au gardien votre badge validant votre visite au Louvre : Au Louvre, j'aime Le Big Five OVous êtes alors libre de faire un selfie avec le badge sur le front pour prouver à vos réseaux sociaux, que vous avez bien visité le Louvre et vu ce qu’il fallait. Et si vous ne me croyez pas, venez voir.


P.-S; Petite remarque en images pour les parents qui souhaitent montrer les Big Five O à leurs enfants, voici la vue qu’un enfant de 10 ans aura des chefs d’œuvre :Au Louvre, j'aime Le Big Five OAu Louvre, j'aime Le Big Five OAu Louvre, j'aime Le Big Five OAu Louvre, j'aime Le Big Five O


P.-S. N’embêtez pas les gardiens, il n’y a pas de badge.

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