Les mots d’artiste

Au Louvre, j’aime les mots d’artiste. Je ne parle pas, ici, des bons mots et autres délicatesses que peuvent s’envoyer en travers de la tronche et à grands coups de pinceaux les artistes (*), il s’agit au contraire de ces quelques mots que les artistes peuvent laisser sur leur toile et de l’imagination dont ils font preuve pour ne pas dénaturer leur œuvre de leur bafouille ; je veux parler de leur signature. Ou comment ajouter sans abîmer ?

La vierge au coussin vert d'Andrea di Bartolo

La vierge au coussin vert d’Andrea di Bartolo

A ceux qui croiraient que je fais un article Bord cadre 2, je tiens à préciser que les artistes ont généralement pris pour habitude de signer en bas à droite ou à gauche et à proximité du cadre. Comme pour s’excuser au maximum. Comme pour ne pas vouloir « gâcher » leur travail par leur ego. Donc je m’excuse pour les cadres qui seraient un peu trop visibles. Ils ne sont pas le sujet de ce billet.

L'adoration des bergers avec une donatrice de Jacopo Negretti

L’adoration des bergers avec une donatrice de Jacopo Negretti

Et évacuons tout de suite les sculpteurs. La base de leurs œuvres et le lieu idéal pour toutes les signatures. La base sur laquelle repose l’œuvre n’est pas à proprement parlé l’œuvre, donc leur signature n’est pas surprenante, iconoclaste ou anachronique. Voilà c’est fait pour les sculpteurs, consacrons-nous à présent aux peintres.

Domenico Zampieri, dit Le Dominiquin de Marguerite Julie Charpentier

Domenico Zampieri, dit Le Dominiquin de Marguerite Julie Charpentier

Milon de Crotone de Pierre Puget

Milon de Crotone de Pierre Puget

Mercure attachant ses talonnières de Jean-Baptiste Pigalle

Mercure attachant ses talonnières de Jean-Baptiste Pigalle

Eugène Gonon de Jean-Jacques Pradier

Eugène Gonon de Jean-Jacques Pradier

Eurydice mourante de Charles-François Leboeuf dit Nanteuil

Eurydice mourante de Charles-François Leboeuf dit Nanteuil

Lion au serpent d'Antoine-Louis Barye

Lion au serpent d’Antoine-Louis Barye

Femme voilée (La Foi ?) d'Antonio Corradini

Femme voilée (La Foi ?) d’Antonio Corradini

Une vérification des œuvres du Musée du Louvre permet de tirer quelques rapides conclusions : la règle de signer une œuvre n’est pas systématique, inconnue chez les artistes anciens, cette mauvaise habitude permet aujourd’hui de connaître la catégorie des Maîtres Anonymes. Chez des artistes réputés signeurs, certains tableaux sont signés… d’autres ne le sont pas. Certains artistes ne signent jamais. Chacun semble faire comme il le souhaite sur ses œuvres. D’ailleurs j’envisage une théorie : un artiste doit manger et pour cela il accepte parfois des commandes dont il n’est pas très fier, tant sur le commanditaire que sur l’exécution, dans ce cas il ne signe pas :
– Ben monsieur l’artiste, au prix que je paye et avec votre renommée je voudrais bien avoir votre nom sur la toile.
– C’est que… Mais je l’ai mise monseigneur, je l’ai mise !
– Je vois rien !
– Regardez mieux. La perspicacité qui est la vôtre m’a contraint à la cacher. Cela vous fera un petit passe-temps quand vous regarderez votre portrait d’infâme crapaud transformé en splendide prince par mon talent. Bisous, bisous, je file
.

Chercher la signature de l’artiste devient une traque, un jeu… oui j’ai déjà cherché des chaussettes, des instruments de musique, de la nourriture, des seins, des enfants, des anges, des cartes, du tabac, du vin, etc. J’aime aller chercher dans les recoins des œuvres des détails pittoresques. J’aime que ces images s’associent en moi jusqu’à ce qu’un sujet s’impose en raison d’une répétition qui dépasse l’anecdotique. Chercher la signature de l’artiste sur une œuvre c’est un jeu comme un autre. De la part de gens qui jouent à Candy Crush vos ricanements m’agacent. Surtout que vous joueriez à Cherche-la-signature vous remarqueriez combien les artistes font des efforts parfois surprenants pour cacher leur autographe.

La vierge à l'enfant avec sainte Catherine et un berger, dite La vierge au lapin de Tiziano Vecellio

La vierge à l’enfant avec sainte Catherine et un berger, dite La vierge au lapin de Tiziano Vecellio

Prenons une auberge flamande, elle peut fort logiquement vous offrir des carafons de vin, des joueurs de cartes et autres fumeurs, voir même un instrument de musique et un sein dévêtu. Il y a alors une logique matérielle à trouver tous ces objets dans une auberge. Mais placer une signature dans un tableau c’est bien plus complexe. Il ne faut pas que cette dernière soit trop visible car elle deviendrait trop anachronique. L’artiste doit la fondre dans son décor, ne pas l’alourdir, ne pas le dénaturer. Votre signature en plein milieu du désert juste en dessous de la sainte famille fuyant en Egypte, c’est pire qu’anachronique, c’est rompre le lien qui se crée entre l’œuvre et le visiteur. C’est briser l’empathie, l’appropriation que l’on peut avoir pour une œuvre en la contemplant. Jamais dans le désert, Joseph n’aurait dit à madame Marie : « Bibiche, fais attention où tu marches, tu vas effacer le nom du peintre ! », voilà le risque quand la signature est trop mal placée. Accessoirement je laisse le soin aux théologiens d’apporter la preuve que jamais Joseph n’appelait Marie, Bibiche.

Jeanne d'Arc au sacre du roi Charles VII, dans la cathédrale de Reims de Jean-Auguste-Dominique Ingres

Jeanne d’Arc au sacre du roi Charles VII, dans la cathédrale de Reims de Jean-Auguste-Dominique Ingres

Historiquement les premiers artistes mettaient leur nom bien en avant, en général dans un cartouche sous le personnage central au milieu des œuvres. Avec le temps la taille des signatures a diminué, certainement suite à des remarques de prélats sur la vanité humaine. Les signatures sont devenues de plus en plus discrètes.

Les quatre docteurs de l’Église de Pier Francesco Sacchi

Les quatre docteurs de l’Église de Pier Francesco Sacchi

La vierge et l'enfant entourés de saint Jérôme et saint Zénobe de Mariotto Albertinelli

La vierge et l’enfant entourés de saint Jérôme et saint Zénobe de Mariotto Albertinelli

La vierge et l'enfant entre saint Jean-Baptiste et sainte Marie-Madeleine de Giovanni Battista Cima

La vierge et l’enfant entre saint Jean-Baptiste et sainte Marie-Madeleine de Giovanni Battista Cima

Saint Jean de Capistran de Bartolomeo Vivarini

Saint Jean de Capistran de Bartolomeo Vivarini

La vierge et l'enfant entre saint Pierre et Saint Sébastien de Giovanni Bellini

La vierge et l’enfant entre saint Pierre et Saint Sébastien de Giovanni Bellini

Portrait d'homme, dit Le Condottiere d'Antonello Da Messina

Portrait d’homme, dit Le Condottiere d’Antonello Da Messina

Poussant certains à la suppression pure et simple de la signature. Plusieurs raisons à cela, la modestie, l’illettrisme ou les fautes d’orthographe (oui même sur son propre nom, être bon en dessin n’implique pas de maîtriser l’orthographe), l’envie de ne pas surcharger l’œuvre, la peur de l’anachronisme.

Figure de fantaise. La musique. Portrait de M. de La Bretèche de Jean-Honoré Fragonard

Figure de fantaise. La musique. Portrait de M. de La Bretèche de Jean-Honoré Fragonard

En parallèle, se développe un vrai goût pour le camouflage discret de la signature, en la perdant dans le décor. Pour cela plusieurs options s’offrent aux peintres. Vous êtes en pleine nature, ajoutez un petit rocher et venez y glisser votre nom. Le rocher mais aussi le tronc d’arbre semblent des valeurs sûres pour placer sa signature.

Diane sortant du bain de François Boucher

Diane sortant du bain de François Boucher

Jésus sur le chemin du calvaire de Pierre Mignard

Jésus sur le chemin du calvaire de Pierre Mignard

Portrait d'homme, dit L'homme au gant de Tiziano Vecellio

Portrait d’homme, dit L’homme au gant de Tiziano Vecellio

L'adoration des bergers de jusepe de Ribera

L’adoration des bergers de jusepe de Ribera

Paysage d'hiver de Denÿs van Alsloot

Paysage d’hiver de Denÿs van Alsloot

Nature morte aux poissons de Giuseppe Recco

Nature morte aux poissons de Giuseppe Recco

Marius défait les Combres dans la plaine située entre Belsannettes et la Grande Fugère, dit La défaite des Cimbres d'Alexandre-Gabriel Decamps

Marius défait les Combres dans la plaine située entre Belsannettes et la Grande Fugère, dit La défaite des Cimbres d’Alexandre-Gabriel Decamps

Léonidas aux Thermopyles de Jacques-Louis David

Léonidas aux Thermopyles de Jacques-Louis David

Le concert de Gerrit van Honthorst

Vénus demandant à Vulcain des armes pour Enée de François Boucher

Vénus demandant à Vulcain des armes pour Enée de François Boucher

La crucifixion de Andrea di Bartolo

La crucifixion de Andrea di Bartolo

Un déjeuner de chasse de Jean-François de Troy

Un déjeuner de chasse de Jean-François de Troy

Vous êtes dans un intérieur bourgeois où aucun caillou ne se justifie, pas plus qu’un tronc d’arbre, utilisez le bord d’un cadre, une lame de parquet, une planche de bois. L’imagination d’un artiste réside aussi dans la façon de glisser son propre nom.

Portrait de Madame Charles-Pierre Pécoul, belle-mère de l'artiste de Jacques-Louis David

Portrait de Madame Charles-Pierre Pécoul, belle-mère de l’artiste de Jacques-Louis David

Nature morte à l'échiquier de Lubin Baugin

Nature morte à l’échiquier de Lubin Baugin

L'odalisque de François Boucher

L’odalisque de François Boucher

Les cinq sens et les quatre éléments (avec objets aux armes de la famille de Richelieu) de Jacques Linard

Les cinq sens et les quatre éléments (avec objets aux armes de la famille de Richelieu) de Jacques Linard

L'air ou L'optique de Jan Brueghel

L’air ou L’optique de Jan Brueghel

La pêche miraculeuse de jean-Baptiste Jouvenet

La pêche miraculeuse de jean-Baptiste Jouvenet

Portrait du compte James-Alexandre de Pourtalès-Gorgier

Portrait du compte James-Alexandre de Pourtalès-Gorgier

Portrait de la baronne de Chalvet-Souville née Marie Broutin de François-André Vincent

Portrait de la baronne de Chalvet-Souville née Marie Broutin de François-André Vincent

Portrait du marquis de Marigny et de sa femme de Louis-Michel Van Loo

Portrait du marquis de Marigny et de sa femme de Louis-Michel Van Loo

Les joueurs de cartes de Pieter de Hooch

Les joueurs de cartes de Pieter de Hooch

La sainte famille de Barend van Orley

La sainte famille de Barend van Orley

Panier de raisins, gobelet d'argent et bouteille de Jean-Siméon Chardin

Panier de raisins, gobelet d’argent et bouteille de Jean-Siméon Chardin

La baigneuse, dite Baigneuse Valpinçon de Jean-Auguste-Dominique Ingres

La baigneuse, dite Baigneuse Valpinçon de Jean-Auguste-Dominique Ingres

Portrait de Madame Rousseau épouse de l'architecte Pierre Rousseau, et de sa fille d'Elisabeth-Louise Vigée-Le Brun

Portrait de Madame Rousseau épouse de l’architecte Pierre Rousseau, et de sa fille d’Elisabeth-Louise Vigée-Le Brun

Galerie de vues de la Rome antique de Giovanni Paolo Pannini

Galerie de vues de la Rome antique de Giovanni Paolo Pannini

Les attibuts de la peinture, de la sculpture et de 'architecture d'Anne Vallayer-Coster

Les attibuts de la peinture, de la sculpture et de ‘architecture d’Anne Vallayer-Coster

Portrait de la comtesse Tessin de Jean-Marc Nattier

Portrait de la comtesse Tessin de Jean-Marc Nattier

Salomon et la reine de Saba de Nicolas Vleughels

Salomon et la reine de Saba de Nicolas Vleughels

Pas de caillou, pas de latte de parquet, vous ne vous êtes jamais interrogés sur le nombre de murets qui pullulent sur les tableaux ? Ils sont là dans le seul but de permettre à l’artiste, souvent dans un jeu d’ombre, de camoufler son paraphe.

Vue du golfe de Naples de Joseph Vernet

Vue du golfe de Naples de Joseph Vernet

Le bocal d'olives de Jean-Siméon Chardin

Le bocal d’olives de Jean-Siméon Chardin

L'extérieur d'un hôpital militaire ou Les Français en Italie de Nicolas-Antoine Taunay

L’extérieur d’un hôpital militaire ou Les Français en Italie de Nicolas-Antoine Taunay

Coupe de cerises, prunes et melons de Louise Moillon

Pêches, raisins et ananas sur une table de pierre de Cornelis van Spaendonck

L’aiguière d’argent de Gerard Dou

Les chefs du corps des archers de la Garde civique d’Amsterdam de Bartholomeus van der Helst

Le peseur d’or de Gerard Dou

L’alchimiste de Thomas Wijck

La prédication de saint Paul à Éphèse d'Eustache Le Sueur

La prédication de saint Paul à Éphèse d’Eustache Le Sueur

La petite collation de Henri-Horace-Roland Delaporte

La petite collation de Henri-Horace-Roland Delaporte

Le 28 juillet. La Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix

Le 28 juillet. La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix

Prunes, courges et pêches sur un entablement de marbre de Pierre Dupuis

Prunes, courges et pêches sur un entablement de marbre de Pierre Dupuis

L'assomption de la vierge de Laurent de La Hyre

L’assomption de la vierge de Laurent de La Hyre

La signature du tableau par son auteur traduit aussi une partie de l’histoire de l’œuvre après l’ultime touche. En effet la signature nous permet de découvrir des tableaux qui ont été recadrés, voir recoupés et sur lesquelles la signature est tronquée ou absente. L’encadrement qui ne correspond certainement pas aux souhaits initiaux de l’artiste, sinon ce n’était pas la peine de s’embêter à signer pour ne conserver qu’une infirme partie de son nom.

La mauvaise nouvelle de Marguerite Gérard

La mauvaise nouvelle de Marguerite Gérard

Amant couronnant sa maîtresse de Joseph-Marie Vien

Amant couronnant sa maîtresse de Joseph-Marie Vien

Allégorie de l’hiver (et de l’amour) d’Abraham Bloemaert

Zeuxis choisissant pour modèles les plus belles filles de la ville de Crotone de François-André Vincent

Zeuxis choisissant pour modèles les plus belles filles de la ville de Crotone de François-André Vincent

La Pentecôte de Jean Restout

La Pentecôte de Jean Restout

Vous avez aussi la signature par initiales, le côté kabbaliste mystique et là aussi une forme de talent pour la mettre en avant sur une œuvre sans qu’elle ne choque. Leur marque de fabrique semble devenir celle de l’artisan qui a fabriqué la crosse du fusil, la viole ou le panier. Quant au monogramme EQ. MAX. F. il correspond à Massimo Stanzione surnommé Eques Maximus.

Portrait d'homme en chasseur d'Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson

Portrait d’homme en chasseur d’Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson

Le coup de soleil de Jacob Isaacksz van Ruisdael

Le bouffon au luth de Frans Hals

Vue prise à Vallekilde de Johan Thomas Lundbye

Autoportrait à l’âge de trente-six ans de Nicolaes Elias

Bouquet de fleurs dans une carcature de pierre s’ouvrant sur un paysage d’Ambrosius Bosschaert

La joyeuse compagnie de Judith Leyster

Jean-Frédéric le Magnanime, prince héritier de Saxe de Lucas Cranach

Jean-Frédéric le Magnanime, prince héritier de Saxe de Lucas Cranach

Statuette, livres, boîte de copeaux et coquillages de Sébastien Stoskopff

Statuette, livres, boîte de copeaux et coquillages de Sébastien Stoskopff

Portrait d'un joueur de viole d'Ezechia da Vezzano

Portrait d’un joueur de viole d’Ezechia da Vezzano

La tour de Babel de Lucas van Valckenborch

La tour de Babel de Lucas van Valckenborch

Nature morte aux figues de Luis Eugenio Melendiez

Nature morte aux figues de Luis Eugenio Melendiez

La Vierge à l'enfant de Massimo Stanzione

La Vierge à l’enfant de Massimo Stanzione

Attention car le monogramme énigmatique  engendre une sous-catégorie, celle des signatures-à-la-con-qui-ne-veulent-rien-dire :

Mariana Waldstein, neuvième marquise de Santa Cruz de Francesco de Goya y Lucientes

Mariana Waldstein, neuvième marquise de Santa Cruz de Francesco de Goya y Lucientes

Vue de Pirna, prise du château de Sonnenstein de Bernardo Bellotto

Vue de Pirna, prise du château de Sonnenstein de Bernardo Bellotto

La messe de fondation de l'ordre des Trinitaires de juan Carreno de Miranda

La messe de fondation de l’ordre des Trinitaires de juan Carreno de Miranda

Le baptême du Christ de James Ward

Le baptême du Christ de James Ward

Précision que vous remarquerez assez vite, il est fréquent que le nom du peintre soit suivi d’un F ou de la mention Fecit (du latin Faire). Exemple Rembrandt fecit, il faut comprendre Rembrandt a fait/peint ce portrait. Si la mode du F/Fecit apparait distinctement aux Pays Bas dès le XVIème siècle, elle perdurera dans le temps par respect ou par snobisme au moins jusqu’au début du XIXème siècle.

Autoportrait, tête nue de Rembrandt

Le sommeil de l’enfant Jésus, dit Le silence de Charles Le Brun

Le reniement de saint Pierre dans un corps de garde avec des joueurs de cartes de David Teniers

Le reniement de saint Pierre dans un corps de garde avec des joueurs de cartes de David Teniers

Marie de Médicis, reine de France depuis 1600 de Frans Pourbus

Marie de Médicis, reine de France depuis 1600 de Frans Pourbus

Vue des environs de Genève avec, au fond, le Mont Blanc d’Adam Wolfgang Töpffer

Portrait de Madame Molé-Reymond d'Elisabeth-Louis Vigée-Lebrun

Portrait de Madame Molé-Reymond d’Elisabeth-Louis Vigée-Lebrun

Fleurs et fruits de Jan Van Os

Femme prenant des fruits d'Abraham Brueghel

Femme prenant des fruits d’Abraham Brueghel

Loth et sa famille quittant Sodome, conduits par des anges ou La Fuite de Loth de Petrus Paulus Rubens

Vase de fleurs dans une niche de Jan van Huysum

Le duo : joueur de luth et chanteuse d’Hendrick ter Brugghen

Le couronnement d'épines de Tiziano Vecellio

Le couronnement d’épines de Tiziano Vecellio

Corbeille de fleurs de Jan van Huysum

Marine. Arrivée de hauts personnages dans un port hollandais du XVIIè siècle d’Antonie Waldorp

Pour aboutir à ce stade de mon billet sur un quartet d’artistes parmi les artistes, les Maîtres-Signeurs de Génie, avec les majuscules pour signaler leur talent. Luis Tristan inscrit son nom sur la tranche d’un livre, Giuseppe Arcimboldo le surpique de blé dans le col de son personnage, Luis Eugenio Melendiez se peint en train de dessiner et glisse sa signature sur son croquis et non sur son œuvre directement et Alessandro Rondoni vient camoufler sa signature dans les plis des surcots de ses sculptures.

La vision de saint François d'Assise de Luis Tristan

La vision de saint François d’Assise de Luis Tristan

L'été de Giuseppe Arcimboldo

L’été de Giuseppe Arcimboldo

Portrait de l'artiste tenant une académie de Luis Eugenio Melendiez

Portrait de l’artiste tenant une académie de Luis Eugenio Melendiez

Fin de collation, dit aussi Un dessert de Willem Claesz. Heda

Annibale Carracci, dit Le Carrache d'Alessandro Rondoni

Annibale Carracci, dit Le Carrache d’Alessandro Rondoni

Raffaello Sanzio, dit Raphaël d'Alessandro Rondoni

Raffaello Sanzio, dit Raphaël d’Alessandro Rondoni

Petit aparté, certains legs de collections au Louvre permettent d’empiéter sur la Seine et un bout du musée d’Orsay. De découvrir que la véritable coupure artistique entre les deux musées réside dans la signature. Là où une certaine idée de l’art va discrètement apposer son autographe, les artistes impressionnistes vont tatouer leur nom en beaucoup plus gros et beaucoup moins discret. Au niveau graphique on perd  les pleins et les déliés d’un Vernet ou d‘un Berjon.

Bouquet de lis et de roses dans une corbeille posée sur une chiffonnière d'Antoine Berjon

Bouquet de lis et de roses dans une corbeille posée sur une chiffonnière d’Antoine Berjon

La barrière de Clichy. Défense de Paris, le 30 mars 1814 d'Horace Vernet

La barrière de Clichy. Défense de Paris, le 30 mars 1814 d’Horace Vernet

Moine blanc, assis, lisant de Camille Corot

Moine blanc, assis, lisant de Camille Corot

La sortie du bain d'Edgar Degas

La sortie du bain d’Edgar Degas

Saint-Cloud d'Alfred Sisley

Saint-Cloud d’Alfred Sisley

Environs de Honfleur de Claude Monet

Environs de Honfleur de Claude Monet

La lecture d'Auguste Renoir

La lecture d’Auguste Renoir

Alors au final, dans ma recherche acharnée de la signature j’ai été surpris que dans les quelques bibliothèques peintes sur des tableaux, l’artiste ne glisse pas son nom dans le titre d’un livre ou sur le cuir de harnachement d’un cheval, j’aurais beaucoup aimé. Faute de cela, j’aime les signatures discrètement esquissées sans casser l’esprit du tableau, j’avoue un goût pour la signature presque invisible, celle qui est fine, délicate et dans des teintes à peine visibles. Et si vous ne me croyez pas, venez voir.

Les ombres de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta apparaissent à Dante et à Virgile d'Ary Scheffer

Les ombres de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta apparaissent à Dante et à Virgile d’Ary Scheffer


(*) Le lecteur régulier de ce blog connaîtra mon goût pour Géricault, il saura combien je n’apprécie pas David (un billet détaille les raisons de ma détestation), mais certains commentaires s’étonnent de ma rudesse vis-à-vis d’Ingres. Dans les bons mots d’artistes, je vous conseille la clairvoyance d’Ingres à propos des tableaux de Géricault : « Je ne veux pas de cette Méduse et de ces autres tableaux d’amphithéâtre qui ne nous montrent de l’homme que le cadavre, qui ne reproduisent que le laid, le hideux : non, je n’en veux pas ! L’art ne doit être que le beau et ne nous enseigner que le beau ! »

Une odalisque, dite La Grande Odalisque de Jean-Auguste-Dominique Ingres

Une odalisque, dite La Grande Odalisque de Jean-Auguste-Dominique Ingres

Parler de la beauté de la part d’un homme qui n’a jamais réussi à peindre une femme sans la faire ressembler à Elastic Girl des Indestructibles, c’est piquant.


P.s. Ne vous fiez pas à la qualité des reproductions pour ce billet. Les angles choisis pour les signatures et les teintes des tableaux obligent à forcer les contraste et luminosité.

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