L’Amour essayant une de ses flèches

Au Louvre, j’aime L’amour essayant une de ses flèches de Jacques Saly. Ou plus exactement, j’aimerais pouvoir l’aimer car l’œuvre n’est pas encore entrée dans les collections du musée. En effet pour la sixième année, le Louvre fait appel au mécénat publique, crowdfounding pour faire jeune, afin d’acquérir cet œuvre.

L'amour essayant une de ses flèches de Jacques Saly

L’amour essayant une de ses flèches de Jacques Saly

Souvenez-vous, l’an dernier je vous proposais de participer à l’acquisition de la table de Teschen. Vous aviez fait semblant d’être intéressé avant de prétexter le changement de la voiture et d’oublier cette idée. Heureusement que je suis là. Une fois, une seule fois dans votre vie, si vous faisiez une chose en lien avec la culture. Notez que voter à The Voice n’est pas considéré comme un acte en lien avec la culture… ou alors l’agri culture.

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L’amour essayant une de ses flèches de Jacques Saly

Le premier don est à 20 € dont 50% sont déductibles des impôts. Ne faites pas votre pute ! Surtout que vous êtes prêts à faire la queue une nuit entière pour acquérir un téléphone portable hors de prix. Pour tous les autres qui hésitent, quelques informations sur L’amour essayant une de ses flèches et sur Jacques Saly, issues du site Tous mécènes.

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Jacques Saly, sculpteur du roi Louis XV

En 1753 le sculpteur Jacques Saly signe et date son chef-d’œuvre, la statue en marbre de L’Amour essayant une de ses flèches. Cette œuvre lui avait été commandée un an auparavant par la marquise de Pompadour, favorite de Louis XV. Elle fut présentée au roi en personne le 11 août 1753, avant d’être installée au Salon de l’Académie au Louvre pour être exposée au public pendant un mois.L’amour essayant une de ses flèches de Jacques SalyJacques Saly était devenu sculpteur du roi lorsqu’il fut agréé en 1750 à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture. Recommandé par le grand sculpteur Edme Bouchardon, Saly fut appelé par le Danemark en 1753 afin d’exécuter la statue équestre du roi Frédéric V et fonder à Copenhague l’Académie des beaux-arts. Il ne revint en France qu’en 1774, deux ans avant son décès.

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L’amour essayant une de ses flèches de Jacques Saly

Une merveille de l’art français

Malgré la brièveté de l’activité de Saly en France, celle-ci fut riche de commandes prestigieuses. Son chef-d’œuvre demeure L’Amour essayant une de ses flèches que Madame de Pompadour présenta dans ses trois demeures préférées : les châteaux de Crécy et de Bellevue qui se trouvaient aux environs de Paris et l’hôtel d’Evreux, le futur palais de l’Elysée. Inaccessible depuis plus de deux siècles, car caché dans des collections privées, l’Amour de Saly fut révélé au public en 2002 lors de l’exposition Madame de Pompadour et les arts au château de Versailles. Il fut déclaré par l’Etat Trésor national en 2006.

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L’amour essayant une de ses flèches de Jacques Saly

Chef-d’œuvre de l’art français par la délicatesse de sa composition et la virtuosité de son travail du marbre, la statue brille aussi grâce à son piédestal qu’il n’a jamais perdu depuis l’origine. Ce dernier fut exécuté par le grand sculpteur ornemaniste Jacques Verberckt, auteur de somptueuses boiseries aux châteaux de Versailles et de Fontainebleau, et par ailleurs ami de Saly. Il est d’ailleurs tout à fait remarquable que deux sculpteurs du roi se soient associés pour la réalisation d’une commande.L’amour essayant une de ses flèches de Jacques SalyPour l’exécution de cette œuvre spectaculaire, Saly a donné le meilleur de lui-même et déployé tout son savoir-faire. Sa réapparition en France est une occasion inespérée pour mieux faire revivre son auteur, un sculpteur fin, attentif à l’art de son temps.

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L’amour essayant une de ses flèches de Jacques Saly

Un chef-d’œuvre de la sculpture française

Figure éminente du XVIIIème siècle, favorite puis fidèle amie du roi Louis XV, la marquise de Pompadour commanda en 1752 une œuvre spectaculaire au sculpteur français Jacques Saly. Exceptionnel par la délicatesse de sa composition et la virtuosité de son travail du marbre, L’Amour essayant une de ses flèches est considéré comme une merveille de la sculpture française mais aussi comme le chef-d’œuvre de l’artiste.

La redécouverte de cette œuvre éblouissante, conservée en mains privées depuis plus de deux siècles et classée Trésor national, constitue une occasion unique de révéler au grand public l’éclat incomparable de la collection de sculptures de la marquise de Pompadour ainsi complétée. Son acquisition permettrait de présenter une œuvre majeure de l’art français dans les collections nationales et de rendre toute sa place à un artiste brillant, célébré en son temps comme l’égal des plus grands.

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L’amour essayant une de ses flèches de Jacques Saly

La représentation du sentiment amoureux

Le sujet de la statue de Saly est décrit ainsi par Mariette, l’un des plus grands historiens de l’art de l’époque : « Il a voulu représenter l’Amour enfant qui essaye une de ses flèches : il la tient de sa main droite et posant le doigt de la main gauche sur la pointe de cette arme cruelle, il juge du mal qu’il va causer ».

L’amour essayant une de ses flèches de Jacques Saly

Le sculpteur lui-même commenta son oeuvre : « Un Amour, qui tient et montre en souriant deux traits qu’il médite de décocher. Ces traits sont noués avec un ruban sur lequel on lit : Duo tela unus amor ». Cette citation extraite des Métamorphoses d’Ovide signifie « deux traits, un amour ». Le poète Ovide montre Cupidon tirant de son carquois plein de flèches deux traits aux effets opposés : l’un pour chasser l’amour, l’autre pour le faire naître. Celui qui le chasse est émoussé. Celui qui le fait naître a la pointe acérée.

L’Amour de Saly essaie la pointe acérée de la seule flèche qui devait compter pour la marquise de Pompadour, celle qui aiguisait les feux de l’amour.

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Un chef-d’œuvre de composition

L’exécution en marbre par Saly est éblouissante de virtuosité, aussi bien les détails ornementaux sur le tronc d’arbre (les guirlandes de roses, le carquois, les flèches) que la chaire potelée du petit Cupidon, les mèches ondulées de ses cheveux, son sourire mutin. Le piédestal de Verberckt avec ses guirlandes de fleurs est également admirablement sculpté.

L’Amour de Saly, au coeur des critiques les plus importants de l’époque, fit l’objet de nombreux témoignages élogieux lorsqu’il fut présenté au Louvre au Salon de 1753. Voici les commentaires des historiens de l’art les plus influents de l’époque :

« Cette figure est fort belle, les chairs en sont fraîches et moelleuses, l’air de tête est spirituel et un peu malin, ce qui convient parfaitement au caractère du dieu qui blesse les coeurs » (Le père Laugier)

« M. Saly nous a représenté l’Amour dans un moment bien dangereux ; ce petit dieu vient d’aiguiser une flèche, et essayant avec son doigt si la pointe est assez aiguë, l’expression de la tête fait bien voir qu’il médite quelque défaite… » (Huquier)

« M. Saly a rendu dans cette figure avec les grâces de l’enfance, l’esprit et la petite malice que supposent cette action » (L’abbé Leblanc)

« C’est un Amour de sentiment » (Jacques Lacombe)

Ce moment d’excellence de l’art français, exceptionnel par sa provenance prestigieuse et sa qualité d’exécution, joue un rôle passionnant dans notre connaissance des enjeux artistiques en France au milieu du XVIIIe siècle.

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Le Louvre a besoin de votre soutien !

Cette acquisition majeure bénéficie d’ores et déjà du soutien de la Société des Amis du Louvre qui contribue pour moitié au montant total de cette acquisition. Pour permettre à cette œuvre exceptionnelle de rejoindre les collections nationales, le musée du Louvre sollicite la générosité de tous afin de réunir au minimum 600 000 € avant le 14 février 2016.

L'amour essayant une de ses flèches de Jacques Saly

L’amour essayant une de ses flèches de Jacques Saly

Vous vous doutez bien que la richesse d’information du texte et la précision des données permet d’affirmer que j’ai recopié l’ensemble du dossier de presse. Me permettant de disposer d’un billet sur la masse de ce blog dans lequel il n’y a pas trop de bêtise. Et si vous ne me croyez pas, venez voir.


Félicitations pour cette nouvelle acquisition au Louvre.

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